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Un espoir dans le traitement des douleurs chroniques

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Une équipe de chercheurs de l’Université de Cambridge en coopération avec des scientifiques espagnols ont récemment mis à jour un processus intervenant dans les troubles de douleurs chroniques. Une découverte qui redonne espoir à de nombreux patients particulièrement délaissés face à leurs souffrances quotidiennes…

Qu’est-ce que la douleur chronique ?

Les troubles associés à la douleur chronique font débat dans le milieu médical : certains l’estiment comme un ‘simple’ symptôme relevant d’un tableau clinique plus global, tandis que d’autres la considère comme une maladie à part entière, en raison des modifications neurochimiques qu’elle engendre. Quoi qu’il en soit, tous s’accordent à reconnaître une élévation du nombre de personnes atteintes, sans qu’aucune reconnaissance officielle n’existe encore.

Du fait de ce débat, les médecins peinent à définir clairement la douleur chronique. Beaucoup y voit un trouble du système nerveux aboutissant à un ressenti douloureux persistant au-delà d’une période de 6 mois. La douleur peut être constante ou intermittente, être liée à des pathologies précises (diabètes, arthrose, sclérose en plaque…) ou sans cause déterminée (maux de dos, migraine, fibromyalgie).

Les ressentis douloureux touchent majoritairement le dos, les jambes, la tête, le cou et l’abdomen. Elle peut être de nature inflammatoire et consister en une douleur persistante telle l’arthrite ou une sensation de brûlure. Elle peut également être neuropathique et témoigner de l’atteinte des terminaisons nerveuses.

A ce jour, les patients souffrant de ce trouble sont majoritairement délaissés par le corps médical, souvent prompt à attribuer ce désordre à des troubles de nature psychologique. Par ailleurs, on estime que les médicaments prescrits ne réduisent la douleur qu’à hauteur de 10 à 20%.

La problématique de la sensation douloureuse

L’état des connaissances actuelles concernant la sensation douloureuse est vaste mais confus. Si les divers mécanismes intervenant dans ce processus sont connus, ils ne permettaient pas, jusqu’alors, de distinguer douleur chronique et douleur aigue. Autrement dit, toutes interventions sur les mécanismes de la douleur supprimaient l’une et l’autre, privant ainsi le corps de l’un de ses systèmes d’alerte les plus essentiels et les plus performants.

Nul ne peut en effet vivre sans ressenti douloureux, sans prendre des risques importants : la douleur est ce qui nous permet de retirer notre main d’une surface chaude et donc de limiter la brulure. Elle est une défense indispensable à notre survie et à la protection de notre santé.

Présentation de la recherche

Financée en partie par l’Union Européenne (au travers d’une bourse des actions Marie Curie au titre du septième programme-cadre), la recherche a été menée par un partenariat entre l’université de Cambridge et le département des neurosciences du Centro de Inverstigación Biomédica en Red de Salud Mental (CIBERSAM), de la faculté de médicine de l’université de Cádiz en Espagne.

Son objet consistait en une analyse de la fonction du gène HCN2 dans la régulation de la douleur. Son intervention dans les ressentis douloureux était en effet connu depuis plusieurs années mais son rôle précis n’avait pas été identifié.

Méthode expérimentale

Pour souligner le rôle du gène HCN2, l’équipe de chercheurs a tout d’abord extrait le gène et réalisé une série d’expériences en cultures cellulaires en utilisant des stimuli électriques sur les nerfs. L’objet de ces tests était de comprendre en quoi cette suppression était susceptible de modifier le fonctionnement des nerfs.

La seconde étape du protocole expérimental consistait en l’analyse de souris génétiquement modifiées, chez lesquelles les chercheurs avaient bloqué la protéine produite par le gène HCN2 (par des procédés pharmacologiques). Les chercheurs les ont soumises à différentes stimulations électriques douloureuses tout en mesurant leur temps de réponse de fuite, cette mesure servant de témoin aux ressentis douloureux.

Grâce à ces expériences, les chercheurs ont pu démontrer que ces souris ne ressentaient plus aucune douleur nerveuse sans pour autant perdre la capacité à percevoir la douleur vive.

Un espoir de traitement

Selon le professeur Peter McNaughton du département de pharmacologie à l’université de Cambridge, la « recherche pose les bases pour le développement de nouveaux médicaments pour traiter la douleur chronique en bloquant HCN2 […]

Ce qui était surprenant avec les travaux sur HCN2 est qu’en le supprimant, ou plutôt en le bloquant par voie pharmacologique, la douleur neuropathique est éliminée sans affecter la douleur grave normale. Ces résultats seraient précieux du point de vue clinique car la sensation de douleur normale est essentielle pour éviter tout dégât accidentel.»

Ainsi, «Tout traitement efficace qui soulage la souffrance de la douleur chronique doit être salué. Traitement qui aide à réduire la douleur, mais laisse encore des mécanismes d’alerte du corps intact est une percée majeure. »

1 commentaire
  1. Bonjour et merci pour cette lecture d’espoir je suis fibromyalgique depuis 9 ans
    je lutte pour maintenir une activité professionnelle coupée d’arrêts maladie mais la lutte est toride. Et certains jours le désespoir s’installe.
    j’espère que très bientôt un médicament efficace sera disponible pour tous les gens qui souffrent au quotidien.
    Cordialement

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