Réseau d'information sur le séquencage du genome

Les dernières avancées de séquençage : du lézard aux arbres

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Les recherches en matière de génétique avancent vite, très vite. Les chercheurs du monde entier travaillent en effet main dans la main pour découvrir la richesse génétique des différentes espèces peuplant la planète.

Le génome du premier reptile séquencé

Menés par la chercheuse Jessica Alföldi, des scientifiques américains sont parvenus à décrypter l’ensemble du génome du lézard l’Anolis carolinensis contenant 18 paires de chromosomes dont 12 microchromosomes.
Il est ainsi le premier reptile à être séquencé puisque, jusqu’à aujourd’hui, seuls le poulet, le diamant mandarin et la dinde avaient fait l’objet de telles recherches (ces trois espèces constituaient les seuls représentants de la famille des reptiles).

Les retombées de ces travaux s’avèrent tout à fait significatives puisque l’équipe a pu identifier les gènes associés à la capacité de percevoir les ultraviolets. Un pas de plus vient également d’être franchi concernant la connaissance de l’évolution des espèces terrestres et notamment la façon dont elles sont parvenues à passer du milieu aquatique au milieu terrestre.

L’œuf amniotique fut en effet l’élément ouvrant la voie à la conquête des milieux terrestres : les œufs contenaient désormais suffisamment d’eau pour permettre aux embryons de se développer hors du milieu aquatique.

Le génome des arbres : prémisse de travaux titanesques

Le laboratoire Biogéco de l’INRA, au travers de son chercheur Antoine Kremer, est parvenu à témoigner de l’incroyable diversité génétique des différentes espèces d’arbres continentaux : comment sont-ils parvenus à s’adapter si rapidement aux changements climatiques et environnementaux ? Grâce à l’étude de l’ADN de plus de 2 600 forêts, la réponse est désormais connue : « Depuis la fin de la dernière glaciation, l’étonnante plasticité qu’elles tirent de leur diversité génétique a permis l’adaptation éclair des forêts à tous les changements majeurs de leur environnement ».

Le chercheur a également pu démontrer le rôle majeur du pollen dans ces processus : en voyageant sur des centaines de kilomètres, il permet un partage des informations génétiques créant des hybridations en seulement deux générations ! L’identification des gènes responsables de ces capacités d’adaptation permettrait aux scientifiques d’anticiper l’évolution des arbres aux changements environnementaux à venir …

Les prochaines étapes des chercheurs sont impressionnantes : 20 millions d’euros financés par l’Agence Nationale de Recherche destinés au séquençage des 30 000 gènes de l’ADN du chêne grâce à une association de deux années entre l’INRA et le Génoscope. En Suède et aux Etats-Unis des programmes similaires débutent également sur le génome de l’épicéa commun, du pin laeda, du peuplier et de l’eucalyptus. Au travers du réseau européen Evoltree et de ses 25 laboratoires, un centre de ressources génomiques sera bientôt une réalité.

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