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Séquençage ADN et punaises de lit

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Si l’on entend presque jamais parler des punaises de lit en France ou en Europe, le petit insecte est en passe de devenir un véritable fléau aux Etats-Unis, notamment pour les habitants de New-York qui sont infestés. Résistantes aux insecticides, les punaises se montrent en effet des plus coriaces et nécessitent donc l’intervention des scientifiques de la génétique !

Le cimex lectularius ou punaise de lit

punaise de lit

Punaise de lit - Source: www.santelog.com

Le cimex lectulariuas, communément appelé punaise de lit, connaît une résurgence depuis une dizaine d’années. Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, ce développement est mondial et touche principalement les pays développés : Amérique du Nord, Europe, Australie, Nouvelle Zélande…

Cet insecte dont la taille peut varier entre 4 et 7 mm construit son habitat dans les recoins des maisons, particulièrement dans les tissus, les matelas, les meubles etc. De couleur marron plus ou moins foncé, elle vit jusqu’à 2 ans. La femelle peut pondre deux œufs par jour et jusqu’à 200 au total.

Hématophage, la punaise de lit se nourrit du sang humain. Elle pique donc et mange durant 10 à 20 min. Sa piqûre étant indolore, ce n’est que le matin que la victime constate le résultat : des dizaines de piqûres rouges parfois assez larges et qui démangent énormément.

Une évolution résistante

Des études sont en cours aux Etats-Unis mais aussi en France afin de comprendre la résurgence des insectes et surtout les raisons pour lesquelles les insecticides semblent désormais inefficaces.

Le Dr Pascal Delaunay entomologiste médical et parasitologue au CHU de Nice, Jean-Michel Berenger, entomologiste médical au laboratoire de diagnostic biologique des maladies infectieuses et d’hygiène au Centre Hospitalier du Pays d’Aix ont ainsi débuté une recherche de trois ans.

Leurs objectifs sont d’une part, d’identifier les germes contenus dans les punaises de lits et transmissibles par leur piqûre, mais aussi d’établir une génétique des populations en France métropolitaine et d’étudier la résistance aux insecticides.

Le recours au séquençage

Les chercheurs en sont désormais certains : si les punaises de lit résistent à une exposition directe et prolongée aux insecticides qui les exterminaient quelques années plus tôt, c’est que leur ADN a muté.

Des entomologistes américains ont en effet entrepris de séquencer l’ADN de l’insecte. Le docteur Omprakash Mittapalli, professeur adjoint d’entomologie à l’Université de l’Ohio l’affirme : il faut élucider les caractéristiques génétiques de cet insecte et obtenir des connaissances moléculaires fondamentales concernant les mécanismes potentiels de défense et les gènes qui pourraient jouer un rôle dans la résistance métabolique aux insecticides

En identifiant les gènes responsables de cette résistance, les chercheurs espèrent trouver de nouveaux moyens de lutte plus efficaces que les interventions à coup d’insecticides dont le coût financier et environnemental est élevé.

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