Réseau d'information sur le séquencage du genome

Le projet Génome Humain

Partager sur Facebook

Élaboré dès 1990, le projet génome humain fut parfois qualifié de ‘projet Apollo’ tant l’ampleur de la tâche était immense : séquencer les 3.2 milliards de nucléotides du génome humain d’ici le début du 3ème millénaire.

Une collaboration internationale

Pour un tel projet, la collaboration des plus grands laboratoires génétiques du monde était nécessaire du point de vue de la charge de travail mais également du point de vue éthique : le génome humain ne peut en effet se concevoir autrement que comme un élément appartenant au patrimoine mondial de l’humanité. A ce titre, son décryptage ne peut être confié à un unique laboratoire et à un seul pays.

Un consortium international décida donc de la marche à suivre : 20 institutions du public, c’est-à-dire financées par des fonds publics et caritatifs, se sont réparties le travail sur chacun des 24 chromosomes humains. Une fois les séquences identifiées, chaque groupe s’engagea à déposer son travail dans les bases des données publiques, les rendant ainsi accessibles à tous.

Les grandes étapes du projet

De 1990 à 1998, les travaux des chercheurs consistèrent en une cartographie, c’est-à-dire en l’établissement d’une carte physique et d’une carte des liaisons. La première correspond à la connaissance de la couverture de chaque chromosome par des grands fragments génomiques ordonnés sur la base de leurs chevauchements. La carte des liaisons correspond à l’identification de divers marqueurs dont on détermine les positions relatives le long des chromosomes.

En 2000, c’est avec 5 années d’avance que la Maison blanche annonça la fin du séquençage brut du génome humain. Il ne fallut ensuite que 3 années supplémentaires pour permettre aux chercheurs d’achever les finitions : 99.99 % du génome humain est désormais séquencé et accessible directement en ligne, notamment pour les chercheurs du monde entier.

Quelles retombées ?

Si le séquençage complet du génome humain représentait un objectif majeur de recherche en lui-même, il n’est pourtant qu’un préalable à de nombreuses autres études : des retombées sont attendues durant de nombreuses années.

La médecine représente le secteur qui porte le plus d’espoirs sur ces travaux, notamment en ce qui concerne les maladies génétiques : jusqu’à présent, les chercheurs étaient contraints de tester à l’aveugle, des milliers d’intervalles de nucléotides en espérant y trouver les gènes responsables de la maladie.

Ce sont ainsi de nombreuses années de tests qui sont gagnées. Les efforts des chercheurs peuvent désormais se concentrer sur les gènes mutants en question, laissant ainsi espérer de nombreuses découvertes durant les prochaines années.

Une fois le gène responsable de la maladie identifiée, les médecins concentrent leurs efforts sur le moment où s’effectue la mutation : en en comprenant les mécanismes, les chercheurs espèrent être en mesure de les empêcher.

D’autres séquences ?

Bien que le génome humain soit désormais décrypté, le travail des centres de séquençage est loin d’être terminé. Il est en effet de première importance d’être en mesure de comparer notre séquence à celle des autres espèces plus ou moins éloignées.

Le génome du chimpanzé, identique à 99% de celui de l’Homme, pourra ainsi permettre de comprendre les mutations génétiques à l’origine des évolutions différentes des deux espèces. De même, le génome de la souris s’avère pertinente dans la mesure où de très nombreux traitements thérapeutiques sont testés sur l’animal avant de passer à l’expérimentation sur l’Homme.

On peut également citer :

  • Les bactéries ou autres organismes pouvant être utiles à l’industrie agro-alimentaire ou pharmaceutique
  • Les virus : quel gène explique la virulence d’un virus par rapport à un autre ?
  • Le riz : étant donné son importance capitale en termes d’alimentation, son séquençage pourrait ouvrir la voie à des travaux majeurs
Laisser une réponse