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Le marché des tests de paternité

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En France, selon la loi du 7 août 2004, les tests de filiation ne sont autorisés que dans le cadre de mesures d’enquête ou d’instruction lors d’une procédure judiciaire. Pourtant, grâce à Internet, des milliers d’entreprises proposent désormais de tester la filiation avec une fiabilité annoncée de 99, 9999 %.

Test de paternité et détournement de la loi

test paternitePrélèvements en toute discrétion’, ‘réponse sous 5 jours’, ‘sans procédure judiciaire’… voici quelques exemples des accroches commerciales que vous pourrez trouver en tapant ‘test de paternité’ sur Internet. Pourtant, en France, commander un test de paternité est passible d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende, quant au test, il sera saisi par les douanes et son résultat ne sera exploitable devant aucun tribunal.

Dans ce domaine, l’exception française est flagrante puisque nos voisins européens, Espagne et Allemagne en tête, autorisent librement les tests de paternité. De fait, le respect de la loi est de plus en plus délicat, notamment via Internet puisqu’il suffit aux laboratoires de domicilier leur entreprise dans un pays autorisant la pratique, pour ne pas être poursuivis par la France.

Cette interdiction est donc très loin de freiner le développement de cette pratique, et semble même constituer une source majeure de la croissance des laboratoires étrangers pour lesquels les français constituent une excellente clientèle ! Par ailleurs, la publication de différentes études scientifiques annonçant qu’environ un enfant sur 30 ne serait pas le fils ou la fille de son père, augure encore de longues années de croissance pour ces laboratoires.

Recours et dérives des tests de paternité

Bien que le recours aux tests ADN soit limité aux affaires judiciaires en France, certain sont parvenus à obtenir l’autorisation de pratiquer des analyses génétiques via la décision d’un juge. Chacun se souviendra de l’affaire d’Aurore Drossart, convaincue d’être la fille d’Yves Montand et qui parvint à faire exhumer son corps en 1998, avant que les tests ne démontrent qu’elle n’avait aucun lien de filiation avec l’acteur.

Plus tard en 2002, l’actrice Liz Hurley put démontrer que le producteur Steve Bing était bien le père de son enfant, elle obtint en retour une importante compensation financière pour son enfant.

Ces affaires, de par leur couverture médiatique, ont banalisé le recours aux tests de paternité tandis que le développement de la science et la baisse des prix firent le reste.

Les dérives possibles sont pourtant nombreuses et bien présentes si l’on observe les pratiques proposées par les laboratoires dans les pays qui n’encadrent pas les pratiques par la loi : aux Etats-Unis, des tests ethniques sont disponibles à la vente, leur objet étant d’assurer au client qu’il est bien un américain ‘pur souche’…

Bien pire encore, une des plus importantes firmes de pompes funèbres proposent désormais à ses malheureux clients d’acheter un test ADN : l’ADN du défunt sera prélevé dans les 40h suivant le décès, garantissant ainsi une preuve éternelle de lien de parenté…

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