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Le Vatican dénonce un eugénisme génétique

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L’eugénisme désigne l’ensemble des méthodes et pratiques humaines destinées à améliorer, de quelle que façon que ce soit, le patrimoine génétique de l’Homme. S’il est ouvertement et violemment critiqué lorsqu’il est le fruit de la politique d’un Etat ou encore d’une communauté spécifique, les avis sont davantage partagés lorsqu’il émane de la décision de parents.

La dénonciation du Vatican

Le 09 septembre dernier, le quotidien du Vatican, l’Osservatore Romano, souligne le nombre croissant d’avortements thérapeutiques en Occident. Du fait de l’évolution des techniques scientifiques, les dépistages des maladies génétiques sont désormais systématiques et aboutissent majoritairement à des avortements en cas d’atteinte de l’embryon.

Les chiffres cités sont, en effet, impressionnants : 96% des foetus trisomiques sont avortés en France. De même, dans la région italienne d’Emilie-Romagne (centre-nord de l’Italie), le taux d’avortement de foetus ayant le syndrome de Down est de 60%.

Un eugénisme thérapeutique ?

Voici la question centrale soulevée par l’édito du quotidien du Vatican : les sociétés occidentales pratiquent-elles, par le biais du dépistage génétique, un eugénisme génétique ? La question est loin d’être dénuée de fondement au vue des chiffres annoncés par le journal : nos sociétés ne tendent-elles pas effectivement, à supprimer tout fœtus dont le patrimoine génétique serait ‘imparfait’ ?

Ce dépistage systématique, organisé par les institutions médicales, et les décisions d’avortement qui suivent majoritairement l’annonce d’une maladie, ne constituent-t-ils pas un processus d’élimination du handicap ? La question reste entière, notamment lorsque l’on considère l’absence de souffrance physique et parfois morale des personnes touchées par certaines maladies génétiques…

Le débat sur la valeur de la vie relancé

En ouvrant ce débat, la question sur la valeur de la vie est irrémédiablement relancée, si tant est que l’on puisse en donner une définition… Quel type de vie peut-elle, doit-elle être considérée comme ‘suffisamment’ enrichissante pour être vécue ? Certaines réactions, comme celle du député socialiste Olivier Dussopt mettent immédiatement mal à l’aise, sans que l’on puisse toutefois facilement en comprendre la raison : « Ce qui m’étonne moi, ce n’est pas qu’il y ait 96% des cas de trisomie diagnostiqués qui débouchent sur un avortement, mais plutôt pourquoi il en reste encore 4% ».

Certes, le choix de parents apprenant le handicap de leur enfant à naître, ne peut et ne doit pas être jugé : chacun a une vision différente du handicap, tous les parents ne sont pas en capacité d’accueillir cet enfant handicapé dans de bonnes conditions. Pour autant, la question de la manière dont la société les accueille, les intègre et les accepte se pose également : si le jugement sociétal et la place faite aux personnes handicapées étaient bienveillantes et réelles, les parents opteraient-ils pour l’avortement dans la même proportion ? On peut en douter…

Les propos d’un parent d’enfant handicapé, bien plus humains que ceux du député cité plus haut, révèlent toute la complexité d’un tel débat : « à ceux qui pensent que la vie d’une personne handicapée ne mérite pas d’être vécue, je suggère d’aller faire un petit stage dans l’une desdites associations (associations d’aide et de soutien aux parents d’enfants handicapés), juste pour voir…

L’humanité que l’on découvre dans la rencontre d’une personne vulnérable vous transforme à jamais, et vous évite de prononcer ce genre de jugements eugénistes, discriminatoires et j’ose dire intolérable dans une civilisation qui se réclame des droits de l’homme. Toute vie mérite d’être vécue, à condition que l’on considère que l’amour de l’autre a un peu plus de valeur que le fait de pouvoir aller skier pendant ses vacances. »

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