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Histoire du fichage de la population

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Des nazis à aujourd’hui : histoire du fichage

Dès sa création, le fichage des individus fut associée à des volontés de recenser, pour mieux contrôler, puis exterminer : ce furent en effet les nazis, qui, les premiers, décidèrent d’identifier la population à l’aide des tristement célèbres code-barres tatoués sur le bras des juifs.

Le fichage par code barre

fichage nazis

Fichage Nazis - Source: Agroravox

Organiser une identification massive de la population, même lorsqu’il s’agit d’une manœuvre criminelle telle qu’une épuration ethnique, est une tâche des plus fastidieuses et qui requiert de grandes capacités de stockage des données. C’est ainsi que le fichage des individus s’est trouvé directement en lien avec la science et notamment les technologies informatiques.

Dès 1930, la firme IBM vendit ses compétences aux nazis en mettant sa technologie de cartes perforées à leur disposition. Dans son livre ‘IBM et l’Holocauste’, Edwin Black révèle en effet que les numéros inscrits sur le bras des victimes correspondaient aux codes d’identification de carte perforée mise au point par IBM.

La philosophie du fichage et l’eugénisme

Lorsque Darwin énonça sa théorie de la sélection naturelle, il ouvrit la voie à de vastes et éternels débats sur le caractère supérieur de certains peuples vis-à-vis d’autres ou encore des hommes sur les femmes. L’un de ces principaux courants est appelé le darwinisme social.

L’exemple de la ‘philosophie’ nazie fut évidemment l’une des plus extrêmes :

  • Stérilisation
  • Avortement interdit pour les femmes dites ‘supérieures’ et obligatoire pour les femmes dites ‘inférieures’
  • Euthanasie des personnes dites ‘improductives’
  • Extermination

Si, de nos jours, on n’entend plus guère parler d’eugénisme, terme socialement associé à ces horreurs, cette philosophie n’a pas disparu et les chercheurs se retrouvent désormais sous le cadre des travaux génétiques.

De l’eugénisme à la génétique

Selon un article paru sur Agoravox, l’organisme Population Council, fondé par la famille Rockefeller en 1952 et dont la principale mission concerne la lutte contre le sida, a élu Otmar Verschuer comme directeur. Pourtant, ce dernier participa directement à la politique raciale des nazis. Ce même fond finança une part du Bureau of Human Heredity qui organisa lui-même l’International Congress in Human Genetics.

Nous pourrions également parler du célèbre Human Genome Project dont l’objectif fut de séquencer la totalité du génome humain et qui fut dirigé par l’ancienne équipe de l’Eugenics Society.

De tous temps, la science fut donc appelée à servir les intérêts de ceux qui souhaitent le fichage des individus. Aujourd’hui, ce sont les victimes de drames tels que le meurtre ou l’agression d’enfant, qui semblent instrumentalisées pour parvenir à une loi autorisant le fichage de l’ensemble de la population.

Il est en effet bien difficile d’arriver à une autre conclusion lorsque le 17 juin dernier, le journal Le Parisien, titrait « La mère d’Angélique réclame un fichier ADN pour tous ». Pourtant, nous devrions nous rappeler que les nazis, eux-aussi, attisèrent les démons de l’insécurité, en recourant à une propagande décrivant les juifs comme des voleurs et pire encore…

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