Réseau d'information sur le séquencage du genome

Génetique : quelle place pour le psychisme ?

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Alors que les travaux sur le génome humain ont permis de séquencer la totalité des gènes de l’Homme, nombreux sont les psychanalystes et les psychologues qui mettent en garde contre la tentation de l’eugénisme et une vision strictement biologique de l’individu.

Le savoir tout-puissant

Nul besoin d’être un généticien ou un chercheur de haut rang pour être touché par le fantasme de la connaissance et par le désir de savoir : chacun de nous, durant notre enfance, a pu le ressentir et s’y confronter. Confrontation, le mot est juste, car c’est bien le réel et ses lois biologiques mais aussi familiales, sociales, morales etc. qui encadrent la pensée et la font évoluer.
Les travaux conduits ces dernières années sur la génétique repoussent chaque fois un peu plus, les frontières de ce réel et font donc voler en éclat les lois naturelles.

Le danger est alors grand puisque ces recherches parviennent au fondement de l’origine et touchent à ce qui fait l’altérité et la spécificité de chacun. La création des lois institutionnelles de bioéthique, si elle tente de redéfinir des limites humaines aux limites naturelles, n’en est pas moins la preuve de la disparition d’un cadre et du besoin de son maintien.

L’identité en question

Derrière les travaux de génétique se cachent des questions qui assaillent l’Homme depuis des millénaires : qui suis-je ? D’où viens-je ? Pourquoi suis-je ainsi ? Si les méthodes pour répondre à ces interrogations ont évolué au fil des siècles, passant de l’interprétation des signes divins au séquençage ADN, leur nature, elle, n’a pas varié.

Avons-nous si peu de appris de notre histoire pour ne pas comprendre que la génétique ne donnera pas de meilleure réponse à cette quête de soi ? Pourquoi ? Tout simplement parce que l’identité n’est pas donnée d’emblée mais parce qu’elle se construit, parce qu’elle ne peut être définie par les autres mais doit être déterminée par l’individu et assumée ce-dernier.

L’identité ne peut être que biologique, elle ne peut se lire dans un langage, même génétique. En effet, alors que chaque ADN est spécifique et unique, l’humain, lui, n’est jamais seul, il s’inscrit dans la lignée d’une histoire et d’une famille, laquelle lui attribuent déjà une identité avant la naissance.
Et l’inconscient alors ?

De la préhistoire à aujourd’hui, l’espèce humaine est passée de l’homo erectus à l’homo technologicus et est en phase de se transformer en homogénéticus… Certes, comme tout organisme vivant, nous sommes le fruit des gènes mais l’être humain est bien plus que cela pour une raison fondamentale : nous avons accès au langage et de ce fait, nous relevons des Lettres de l’inconscient.

Nous nous définissons autant par les processus de transmissions génétiques que par les processus de transmissions symboliques. C’est bien là que le bas blesse car les généticiens considèrent l’Homme telle une machine extrêmement sophistiquée soit, mais tout de même comme une machine, et se passionnent pour le décryptage de son mode d’emploi (travaux sur l’identification de la totalité du génome humain, compréhension des mécanismes d’évolution des gènes…) et sa manipulation (les thérapies géniques, par exemple, ne sont rien d’autres qu’une modification d’un ou plusieurs gènes de l’individu).

Quant à l’inscription du génome humain au patrimoine mondial de l’humanité, ne peut-on y comprendre qu’il serait menacé ?

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