Réseau d'information sur le séquencage du genome

La longévité, une question de gènes ?

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C’est en effet ce que laisse entendre une récente étude parue dans la revue scientifique de la Société américaine de gériatrie : le secret de la longévité de certains ne serait pas dû à la qualité de vie ni même à l’hygiène de vie, mais davantage à des gènes supplémentaires de longévité !

L’étude sur les gènes

Pour parvenir à questionner le rapport entre capital génétique et vieillissement, les chercheurs ont sélectionné une population présentant le plus de proximité génétique possible, ceci afin d’identifier plus facilement les différents gènes impliqués dans la longévité. Leur choix s’est ainsi porté sur 477 juifs ashkénazes âgés de 95 à 109 ans, un peuple connu pour présenter une similitude génétique importante.

Ils ont ensuite comparé ce panel à celui d’un groupe de 3.164 personnes, toutes présentant le même genre de vie en matière de consommation, d’alimentation et de pratique sportive. Les résultats de ces investigations vont à l’encontre des croyances généralement admises puisque les individus ayant vécu le plus longtemps ne correspondent pas à ceux qui ont adopté la vie la plus saine.

Ce sont ces conclusions qui permettent au professeur Nir Barzilai, directeur de l’Institut de la recherche sur l’âge à la faculté de médecine de l’Université Yeshiva de New-York, d’affirmer que «Cette étude suggère que les centenaires doivent posséder des gènes de longévité supplémentaires qui leur servent de protection contre les effets nocifs d’un mode de vie peu sain».

Une mutation génétique permettant la longévité

L’étude de la Société américaine de gériatrie rappelle et confirme les résultats mis en avant par une précédente recherche menée par l’école de médecine Albert Einstein. L’ADN de 86 juifs ashkénazes âgés de 97 ans en moyenne et en bonne santé avait alors été séquencé ainsi que ceux de leurs enfants et petits-enfants.

La comparaison entre ces ADN et celui du groupe témoin avait révélé un élément déterminant : la présence d’un taux de télomérase plus élevé chez le groupe test. La télomérase est une enzyme qui permet l’arrêt du rétrécissement des télomères, ces séquences d’ADN situées à l’extrémité des chromosomes et qui se raccourcissent au fur et à mesure que les cellules se multiplient.

Un fort taux de télomérase tend donc à limiter cette réduction et ce, d’autant plus que la personne vieillit : plus l’individu est âgé, plus les multiplications des chromosomes sont nombreuses et donc, plus le rétrécissement s’accentue. Cette mutation génétique particulière pourrait ainsi être à l’origine d’une plus grande longévité car elle serait capable de réduire la diminution des chromosomes et à termes, leur disparition.

Quelles conséquences ?

Alors que certains espèrent déjà développer une molécule de la jeunesse éternelle, il semble pourtant nécessaire de s’interroger sur les conséquences d’une telle promesse et sur ses répercussions sur les habitudes de vie des individus.
Cela tendrait tout d’abord à déresponsabiliser les personnes en matière d’hygiène de vie : alimentation, cigarettes, sport, alcool etc, ceci alors même que ces comportements sont à l’origine de tant de maladies : surpoids pour l’alimentation ou cholestérol, cancer pour la cigarette, accidents de voiture concernant l’alcool…

Par ailleurs, la vente d’une telle molécule tendrait à créer un système de santé à double vitesse : les personnes disposant d’importantes ressources financières seraient en mesure d’acheter cette dernière, tandis que les plus modestes n’y auraient pas accès.
On peut également craindre l’apparition de test génétique prétendant prédire l’âge de décès en fonction du taux de télomérase, des examens dont pourraient se saisir les assurances ou encore les banquiers avant d’accorder un prêt…

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