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Cultures humaines et cultures végétales : les impacts sur le patrimoine génétique

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Une étude conduite en collaboration entre le MNHN , le CNRS, le Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive, l’université de Montpellier et le Trinity college de Dublin (Irlande) vient de démontrer des liens directs entre l’évolution du patrimoine génétique du manioc et les pratiques maritales des peuples du Gabon.

Un enjeu pour la mixité génétique du manioc

genetique maniocSitué à l’ouest de l’Afrique équatoriale, le Gabon connaît d’importantes difficultés alimentaires. A ce titre, des recherches ont été engagées concernant ses principales cultures vivrières : le maïs, la banane plantain et le manioc. On estime que 80% des gabonais consomment du manioc à ce jour… Riche en fer, en amidon et en vitamine, la plante est une ressource majeure pour les habitants.

Une ressource qui se retrouve d’ailleurs dans les coutumes matrimoniales des différents peuples du Gabon. Lors de chaque mariage, les us veulent que les familles ainsi réunies échangent des plants du fameux végétal, une pratique qui participe directement à la mixité génétique de l’espèce.

Mariage humain / mariage végétaux

Dans le sud du Gabon, les familles s’organisent selon un régime matrilinéaire, elles privilégient donc l’ascendance maternelle. Lors des mariages, c’est ainsi à la jeune mariée d’offrir des plants de manioc à sa belle-famille. L’épouse quittant sa précédente demeure pour emménager dans celle de son conjoint, elle participe au croisement d’espèces issues de territoires différents.

A l’inverse, dans le nord, l’organisation sociale se base sur un système patrilinéaire (privilégiant les liens paternels). Durant les unions, c’est donc la belle-mère qui transmet les plants à sa belle-fille, empêchant ainsi le croisement de pieds de différentes régions.

Les conséquences de ces rythmes humains et sociaux sur le patrimoine génétique des plants de maniocs ont été nettement mesurées lors de cette étude : dans le sud du Gabon, la diversité génétique est bien plus forte que dans le nord, où le patrimoine du manioc a tendance à stagner au fils des années.

Marc Delêtre, responsable de cette étude au muséum national d’histoire naturelle affirme ainsi : « En connectant ou en déconnectant les populations humaines, ces systèmes de parenté influencent donc la structure génétique des populations de plantes cultivées, tout comme ils influencent la diversité génétique dans les populations humaines ».

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