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Cancer du sein : Les dernières avancées génétiques

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Lutte contre le cancer du sein

Au mois d’octobre 2011 se déroulera la 18ème édition de la campagne de lutte contre le cancer du sein. Une occasion pour rappeler l’impérieuse nécessité du dépistage précoce mais également de présenter les dernières avancées de la recherche dans le traitement de cette pathologie.

Qu’est-ce que le cancer du sein ?

cancer du sein
Représentation du sein, composé de graisse, de glandes et de canaux (source : www.passeportsante.net)

Le cancer du sein se définie par le développement de cellules anormales dans le sein avec un risque de dispersion dans l’ensemble du corps via les vaisseaux sanguins ou lymphatiques (lien dictionnaire).

Il représente le cancer le plus diagnostiqué au monde chez la femme : les statistiques existantes démontrent en effet qu’une femme sur 9 est ou sera atteinte par cette pathologie au cours de sa vie et qu’une sur 27 en décèdera.

Par ailleurs, une fois le diagnostic posé, le taux de survie après une durée de 5 ans s’établit aujourd’hui entre 80 et 90%. Ces chiffres varient évidemment en fonction de la précocité du dépistage et du type de cancer.

Les différents cancers du sein

Le cancer non invasif ou Carcinome canalaire in situ, représente la forme de cancer la plus commune. Il se développe au creux des canaux de lactation du sein et ne se propage que dans les rares cas où il n’est pas diagnostiqué. A ce jour, la quasi-totalité des cancers du sein non invasifs peut être traitée et guérie.

Le cancer du sein invasif, également appelé infiltrant, se confine généralement à l’intérieur du sein mais se propage au-delà des canaux de lactation. Sans traitement, il aboutit à la formation de métastases qui envahissent alors l’ensemble du corps (os, poumon ou encore foie). On distingue quatre formes de cancers invasifs du sein :

  • Le carcinome lobulaire : les cellules cancéreuses naissent dans les lobules des lobes avant de traverser ses parois et d’envahir l’ensemble du sein.
  • Le carcinome canalaire : les cellules cancéreuses se développent tout d’abord dans les canaux avant de se propager.
  • Le carcinome inflammatoire : il correspond à une inflammation du sein dont la peau devient rouge, chaude et enflée. Plus rare, il est également plus difficile à traiter.
  • La maladie de Paget : ce cancer peu fréquent se traduit par l’apparition d’une petite plaie sur mamelon
  • Autres formes : minimes par leur nombre de cas, on compte toutefois d’autres formes de cancers invasifs du sein : médullaires, colloïdes ou mucineux, tubulaires, et papillaires.

Causes et facteurs de risque de cancer du sein

Les origines de la survenue d’un cancer du sein sont multifactorielles : elles impliquent à la fois des facteurs liés à l’âge et au vieillissement, des facteurs génétiques ainsi qu’une composante familiale.

Exceptionnel chez les femmes de moins de 20 ans, le cancer du sein touche très rarement les femmes de moins de 35 ans et se développe donc au deux tiers chez des patientes âgées de plus de 50 ans : les chercheurs ont ainsi pu démontrer que le risque d’être touché par un cancer du sein se trouve multiplier par une fois et demi tous les 10 ans à partir de 40 ans.

De même, les antécédents familiaux s’avèrent importants puisque l’on sait qu’une femme dont la mère ou la sœur a développé un cancer du sein, aura deux fois plus de risques d’être elle-même atteinte.

Enfin, la vie de la personne est également source d’influences : 15% des femmes atteintes d’un cancer sur un sein ont par exemple un risque de le développer sur le second. Les risques sont également plus élevés chez les femmes ayant eu des règles précoces et une ménopause tardive ou encore chez celle ayant eu leur premier enfant après 30 ans.

La génétique appliquée à la cancérologie

Certains hôpitaux pratiquent dès aujourd’hui la détection génétique des cancers : il existe en effet des formes spécifiques de cancers touchant de jeunes femmes et pour lesquels deux gènes anormaux ont été identifiés. Il s’agit des gènes BRCA2 sur le chromosome 13 et BRCA1 sur le chromosome 17. Les recherches actuelles ne permettent toutefois pas de les modifier afin de les rendre inopérants.

Détection génétiques du cancer du sein

L’équipe 735 Inserm de l’Institut Curie a récemment fait part de la découverte d’un marqueur génétique identifiant le risque de métastases pulmonaires chez les femmes atteintes d’un cancer du sein.

Ce gène, appelé Kindlin-1, permettrait en effet aux médecins de détecter un risque d’évolution du cancer du sein en métastases pulmonaires. Selon le docteur Keltouma Driouch, responsable de cette équipe de chercheurs : « Il existe un lien réel entre l’expression de ce gène et le développement de métastases pulmonaires chez les patientes atteintes d’un cancer du sein. »

Au-delà de l’importance de cette découverte pour la connaissance du cancer du sein avec métastases, l’identification du gène kindlin-1 laisse entrevoir de nouvelles pistes thérapeutiques : après avoir supprimé ce gène chez des animaux préalablement infectés, les chercheurs ont en effet constaté un arrêt de la croissance tumorale et du développement des métastases pulmonaires.

Tout laisse à penser que ce gène est à la croisée des chemins de plusieurs voies de signalisation, et notamment celle régulant le facteur de croissance TGFβ, participant à la transformation tumorale et à son développement.

Le gène kindlin-1 ouvrirait donc la voie à de nouvelles thérapies géniques ciblées, en plus de permettre le développement d’un outil diagnostic.

1 commentaire
  1. Bonjour, mon épouse est actuellement traitée à l’IPC à MARSEILLE et je souhaiterai savoir si concretement , un traitement a été mis en place à partir de cette découverte.
    Merci.

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