Réseau d'information sur le séquencage du genome

Le business des analyses ADN

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Analyses ADN, identification de victimes ou encore constitution de fichiers d’empreintes génétiques, la justice fait désormais appel à la science des gènes de façon récurrente. Qui sont ces laboratoires qui se spécialisent dans ces domaines ? Quelles sont les grandes catégories d’analyses qu’ils effectuent ?

Une manne pour les laboratoires privés

business adnLorsque le gouvernement a annoncé la création d’un fichier national des délinquants sexuels, la satisfaction ne fut pas que du seul côté des victimes ou des agents des forces de l’ordre : les laboratoires privés susceptibles de répondre à un tel volume de demandes se sont en effet lancés dans une course à l’appel d’offre.

Une course que remporta l’Institut de Génétique Nantes Atlantique (IGNA) pour un total situé entre 20 000 et 25 000 personnes déjà condamnées, auxquelles il faut ajouter quelques 9 000 nouvelles demandes par an. Les récentes annonces du gouvernement démontrant clairement une volonté d’élargissement des délits impliquant un prélèvement ADN, le marché des analyses semble bien n’en être qu’à ses balbutiements…

L’analyse ADN : un marché opaque

Malgré les enjeux entourant les analyses ADN et le sérieux des démarches judiciaires, le choix des institutions en matière de sélection de laboratoires ou encore de choix des analyses à effectuer, sont relativement flous. On peut en effet être surpris en apprenant que seul le magistrat est en charge du choix du laboratoire…

Seule la récente loi LOLF (loi organique relative aux lois de finance) a tenté d’apporter davantage de transparence en contraignant les magistrats à requérir un devis préalable à toutes analyses. Pour autant, les critères sur lesquels ces-derniers basent leur choix restent relativement opaques.

L’histoire d’un pays ou d’une région peut parfois être à l’origine du développement d’une certaine expertise : l’ex-yougoslavie par exemple, est désormais reconnue pour son expertise en matière d’identification de victimes, du fait de son expérience lors de la découverte des charniers de la guerre. Cette maîtrise leur a valu l’attribution du ‘marché’ d’identification des corps lors du tsunami du 26 décembre 2004 en Indonésie.

Quelles prestations ?

En dehors de la constitution et de l’alimentation du fichier national des empreintes génétiques, chaque laboratoire sélectionné par les magistrats se voit attribuer un ensemble de recherches ADN ‘classiques’ : une fois le scellé reçu, le laboratoire est alors chargé de détecter toutes traces d’empreintes génétiques et d’en identifier l’auteur. A titre d’exemple, cela représente un volume de 2 500 analyses par an pour l’IGNA. Nous avons également évoqué les travaux consistant à identifier un corps lors des grandes catastrophes.

Il existe également un ensemble d’analyses, certes moins sinistres, mais faisant appel aux mêmes compétences, acteurs et techniques : les identifications de produits.

Falsifier l’origine des aliments, leur donner une fausse appellation d’origine contrôlée ou encore masquer des substances interdites… autant de tromperies qu’une analyse ADN peut démontrer avec la plus grande certitude.

Enfin, les laboratoires interviennent également en matière de traçabilité des aliments et des produits : identifier l’origine d’une carcasse ou encore implanter des ADN synthétiques. En introduisant une encre dans laquelle a été inséré un ADN, les produits sont infalsifiables !

CypherScience, l’entreprise française leader de cette technologie voit en elle, de très importants débouchés. En matière de dégazage pétrolier par exemple, si un ADN avait été implanté dans chaque pétrole, les autorités pourraient sans difficulté remonter au bateau responsable de la pollution.

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